La vie nocturne dans tous ses A�tats d’urgence

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Festivals annulA�s ouA�limitA�s, coA�ts qui explosent, tourisme fluctuant : depuis lesA�attentats de 2015, les organisateurs da��A�vA�nements dansA�lesA�grandes villes se retrouvent confrontA�s auxA�impA�ratifs deA�sA�curitA�. CeA�mercredi, uneA�confA�rence organisA�e par ParisA�Electronic Week faitA�le point sur leur impact.

A�EnA�1997, la censure autour des musiques A�lectroniques A�tait culturelle. EnA�2017, elle est A�conomiqueA�, regrette Tommy Vaudecrane, le prA�sident de Technopol, la��association derriA?re la Techno Parade, en amont de la Paris Electronic Week qui dA�marre ce mercredi. Alors que le projet de loi antiterroriste est examinA� A� la��AssemblA�e nationale, une confA�rence sur la��impact – notamment A�conomique – des nouvelles politiques de sA�curitA� publique sur les festivals doit rA�unir Tommy Vaudecrane, des organisateurs da��A�vA�nements et Jack Lang, totem de la dA�fense des musiques A�lectroniques en France, qui lanA�a il y a dix-neufA�ans la premiA?re Techno Parade.

Rappelons que les sirA?nes de la��A�tat da��urgence sa��A�ternisent dans la ville comme un vilain acouphA?ne, particuliA?rement pour les organisateurs da��A�vA�nements musicaux, souvent sommA�s da��investir dans du matA�riel de surveillance et de grossir les effectifs de sA�curitA�. Vaudecrane prA�cise : A�Sur la Techno Parade, on ne rechigne pas une seule seconde quand on nous demande de la sA�curitA�. Mais il faut savoir adapter le dispositif A� la menace. La��A�tat da��urgence a induit un tas de nouvelles mesures, qui reprA�sentent un coA�t de 30 % du budget pour beaucoup da��organisateurs. Les acteurs des musiques A�lectroniques na��ont pas les moyens de faire face, ce qui ouvre la voie aux multinationales et aux grandes entreprises de spectacle. Dans un moment oA? les A�vA�nements culturels sont dA�jA� ciblA�s, on devrait nous aider A� assurer notre sA�curitA�, on propose une soupape oA? les gens peuvent faire autre chose qua��A?tre traumatisA�s.A� Vaudecrane sait de quoi il parle. AreaA�217, le nouveau festival qua��il a lancA� et qui devait rA�unir 120A�artistes dans la��Essonne cet A�tA�, a A�tA� annulA� en juin par arrA?tA� prA�fectoral dans un contexte de menaces terroristes aprA?s la��alerte A� la bombe A� la��aA�roport Roissy Charles-de- Gaulle. Ces moments de catharsis qui doivent passer sous haute surveillance et subir des annulations ou des amputations (de trois kilomA?tres la��an dernier pour la Techno Parade), ne sont pas sans coA�t pour la santA� de la nuit, qui sa��A�tait pourtant magistralement requinquA�e ces derniA?res annA�es.

Mais quel poids supplA�mentaire reprA�sente la��A�tat da��urgence pour les organisateurs de soirA�es ? Exemple avec le festival brestois Astropolis, dont les exigences de sA�curitA� sont dA�cidA�es, comme pour tout festival da��ampleur, lors da��une commission en sous-prA�fecture avec pompiers, Croix-Rouge, services de police,A�etc. Depuis la mise en place de la��A�tat da��urgence finA�2015, Astropolis a dA� doubler la fouille, dont une avec palpation. Et des plots en bA�ton ont A�tA� installA�s pour A�viter la menace da��une voiture-bA�lier.

DepuisA�2010, un dA�cret permet A�galement aux services de la��Etat de facturer la��intervention des forces de la��ordre. Le budget sa��A�levait habituellement A� 6 000A�euros pour Astropolis, mais cette annA�e, quinzeA�jours avant la��A�vA�nement, la gendarmerie a prA�sentA� une facture de 20 000A�euros, refusA�e par le festival. Les gendarmes ont donc baissA� leurs effectifs et ont prA�venu qua��ils devraient reprA�senter une facture de 20 000A�euros la��annA�e suivante. Gildas Rioualen, directeur da��Astropolis, parle da��une prise en charge de la prestation de la gendarmerie A�de plus en plus douloureuse. Il na��existe pas de barA?me entre les prA�fectures, chacun facture du montant qua��il lui semble rA�aliste, mais il existe de gros A�carts entre les A�vA�nements. Ja��aimerais, avec les services de la��Etat, rA�flA�chir et remettre tout A� plat. Leur prA�sence est-elle obligatoire partout ? Beaucoup da��A�vA�nements qui na��ont pas pu rA�pondre A� toutes ces factures ont dA� A?tre annulA�sA�.

Ruche festive

Obstruer la��esprit de fA?te en France na��A�tait pourtant pas la��urgence : elle avait justement retrouvA� son pouls cette derniA?re dA�cennie. En plein creux aprA?s le premier pic de la French Touch et des raves sauvages (ou A�free partiesA�) A� la fin des annA�esA�90 puis de la deuxiA?me French Touch aux alentours deA�2005, des professionnels de la nuit et des musiques actuelles avaient lancA� enA�2009 la pA�tition A�Quand la nuit meurt en silenceA� pour dA�noncer les fermetures de clubs et de bars sous la pression des riverains.

Le dA�bat qua��elle provoqua fut suivi da��un rA�veil phA�nomA�nal, notamment chez lesA�Parisiens, sonnA�s par de jeunes collectifs qui lui donnA?rent tort en grossissant les dancefloors intra et extramuros. Ils creusA?rent alors, avec un dA�vouement pour la��underground, de nouvelles artA?res de fA?te loin des voisins grognons (du 6B A� Saint-Denis A� la Ferme du Bonheur A� Nanterre), avec plus de vigueur que les tunneliers pour allonger les lignes de mA�tro.

La nuit avait donc retrouvA� tout son luisant quand les noctambules durent encore une fois contrer la mort et le silence il y a deuxA�ans, aprA?s les attentats du 13A�Novembre au Bataclan et sur les terrasses riantes de bars de quartier. Et puis, aprA?s avoir sA�chA� leurs larmes, les noctambules parisiens vinrent seA�coller A� nouveaux aux infrabasses consolatrices. Avant les attentats, Paris A�tait enfin devenu une capitale du clubbing europA�en, malgrA� la gentrification et la chertA� : il fallait qua��elle le reste.

La fA?te a donc repris, avec des sentinelles, sans les touristes da��abord (Paris et la rA�gion Ile-de-France en ont perdu 1,5A�million enA�2016) puis de nouveau avec eux (hausse deA�10 % du tourisme enA�2017 par rapport A� la��an dernier). HabituA�s A� se perdre A�A�Berlin, lesA�clubbers de la A�gA�nA�ration EasyJetA� ont retrouvA� le chemin de nos dancefloors, incapables de rA�sister aux plateaux de luxe da��un Paris festif, pointu et A�duquA�, dont les diffA�rentes scA?nes electro-disco-house et hip-hop na��ont dA�cidA�ment rien A� envier A�A�Berlin ou Londres.

Parmi les lieux phares de la capitale, on trouve les docks sur le quai da��Austerlitz, autrefois abandonnA�s et filmA�s dans les Nuits fauves de Cyril Collard, enA�1992. Avec la Concrete, le Wanderlust et la nouvelle A�warehouseA� Nuits Fauves inaugurA�e en juinA�2016, ils sont dA�sormais une ruche festive. Ca��est lA� que la ConfA�rence nationale de la vie nocturne sa��est rA�unie les 14A�etA�15A�septembre, avec 450A�participants – parmi lesquels patrons de bars, de clubs, spA�cialistes de la��urbanisme ou A�lus – ayant A� cA�ur de dA�fendre la nuit, et parfois de la quadriller. Une vie nocturne qui regroupe plus de 3A�millions de travailleurs en France, dont 600 000 personnes rien qua��A�A�Paris, tous secteurs confondus. Avec 13 000A�dA�bits de boisson, 150A�discothA?ques et clubs privA�s, lesA�BPM de nuit sont un vA�ritable facteur da��attractivitA� touristique, et la crA�ation enA�2014 da��un Conseil de la nuit par la ville de Paris prouve que la capitale ne compte pas en gA�rer que la��A�tat des lampadaires.

PA�niche techno

Au-delA� du pA�riph, dans les free parties, moins tourmentA�es par les pouvoirs publics qua��il y a une vingtaine da��annA�es mais par essence gratuites, la facture est aussi salA�e. Samuel Raymond, de la structure da��accompagnement FreeForm, regrette A�une crispation des relations entre les organisateurs et les forces de la��ordre. Les prA�fectures sont sursollicitA�es et ont de plus en plus tendance A� repousser, A�A�faire en sorte que la��autorisation soit refusA�e, alors qua��avant il existait une logique da��accompagnement et de soutien. Les fA?tes se font quand mA?me, mais moins bienA�. Le Teknival du 1er nizoral ad cheap A�mai, qui existe depuis vingt-quatreA�ans, est ainsi revenu A� la clandestinitA� depuisA�2016, quand les concertations sont tombA�es A� la��eau.

Pour FrA�dA�ric Hocquard, conseiller de Paris dA�lA�guA� A� la Nuit, la question de la��A�tat da��urgence est ce qua��on concA?de comme A�coup de canif dans nos libertA�s au nom de la sA�curitA�. AA�Paris, on na��est pas prA?t A� changer nos libertA�s. Pendant deuxA�mois, les gens ont eu peur de sortir. AprA?s un an et demi, il y a eu un retour du tourisme. Mais les zones oA? la��on sort changent.A� Les clubs gA�nA?rent 295A�millions da��euros et les festivals 47A�millions selon la��A�tude A�Les musiques A�lectroniques en FranceA�, commandA�e par la SociA�tA� des auteurs, compositeurs et A�diteurs de musiqueA�(Sacem) et publiA�e la��automne dernier. Elle faisait A�tat de la fragilitA� A�conomique des clubs et festivals techno-house, ces derniers A�tantA�65 en France (parmi lesquels Astropolis, Nordik Impakt A�A�Caen et les Nuits sonores de Lyon).

A�LibertA�A�

Cette derniA?re, autre bassin franA�ais de cultures A�lectroniques, accueille sur ses berges les pA�niches oA? la��on vient tanguer sur de la��electro. La��espace en est protA�gA� par des antibA�liers, des camA�ras, des policiers et une A�quipe de gardiennage sur tout le quai quand, A� 3A�heures du matin, sonne la fin de la fA?te. AurA�lien Dubois, prA�sident de la CSCAD (le syndicat de la nuit), patron de la pA�niche techno la Concrete et du Weather Festival (lequel, pour des raisons que la��A�quipe ne souhaite pas A�claircir, na��aura pas lieu cette annA�e), alerte volontiers sur la fragilitA� de la situation des lieux de fA?te : A�On nous demande de produire des amA�nagements de plots en bA�ton antivoiture-bA�lier depuis la��attentat deA�Nice, sous rA�serve da��annulation da��A�vA�nements. Et on le comprend, car ca��est une A�ventualitA�. Mais des gens en font un commerce, et nous ne sommes pas aidA�s. Doit-on laisser les professionnels se dA�brouiller seuls pour agir sur un phA�nomA?ne de sociA�tA� ?A� Dubois a une autre raison de faire grise mine. Le 7A�aoA�t, un dA�cret a A�tA� publiA� afin de rA�guler les frA�quences basses. Il devra A?tre mis en application enA�2018. A�On va mener un recours, car ca��est en opposition avec tout ce qua��on fait. La libertA� individuelle nous donne la libertA� de prendre des risques.A�

Faut-il sa��inquiA�ter que les pouvoirs publics profitent de la��A�tat da��urgence pour raviver le spectre de grandes villes hygiA�nistes et sourdes A� la fA?te ? InvitA� en fin de confA�rence sur la vie nocturne, le philosophe et A�crivain dA�fenseur de la nuit MichaA�l FA�ssel a tamisA� le dA�bat face A� certains assoiffA�s de transparence : A�La��A�tat da��urgence rompt la tradition du droit romain, qui fait qua��on ne perquisitionne pas la nuit, et que la nuit na��est pas un temps propice A� la justice. Les impA�ratifs sA�curitaires deviennent des impA�ratifs permanents qui ne trouvent aucune forme da��exception, mA?me dans les moments de relA?chement nocturne. La nuit na��est pas un problA?me technique, il na��y a rien de plus naturel et cosmique que cette alternance entre le jour et la nuit. La��A?tre humain na��est ni assignA� au jour ni A� la nuit.A�Save money when safely buying Zoloft online. PlanetDrugsDirect is a safe and secure Canadian international prescription referral service cheap zoloft online. Unjustifiable as they did darwinism the rudiments of organization inwhen central dogmas as necessary, buy cheap zoloft online. But what happens underneath those clothes is very important to the women, which is why Buy Generic Doxazosin Online Without Prescription. ?�?Zardura for sale Canada No Prescription Drug Store. Men’s Health. Fast Worldwide Shipping, Body-building, Asthma…