PROGRAMME DE LA CONFERENCE

Réinterrogeons les pratiques, développons un nouveau paradigme, et construisons ensemble les ressources pour permettre de mettre en œuvre des politiques publiques efficaces et utiles pour tous les territoires. Inscrivez-vous à la conférence en cliquant ici

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JEUDI 14 SEPTEMBRE 2017

De 13h à 19h : session plénière et speed meeting

Accueil du public à partir de 13h et discours d’ouverture à 13h30.

Plénière : de 14h à 15h30

Ce qui se joue la nuit : points de vue et expériences françaises et européennes.

Si dans toute l’Europe ce sont désormais les métropoles et les villes qui se sont emparées des questions relatives à la nuit et à ses modes de gestion, on peut également interroger le sujet du point de vue des autres territoires (ruraux, quartiers sensibles,) : la vie nocturne est donc un enjeu politique bien entendu, mais également un enjeu de politiques publiques.

Un enjeu politique tout d’abord. Entre ceux qui dorment, ceux qui font la fête, ceux qui travaillent, et ceux qui veillent tout simplement, il existe des zones d’ombres et de frottements, inévitablement sources de tensions. Ces zones sont à éclairer, à repenser et finalement, à vivre. C’est en effet au cours de la nuit que deviennent visibles ces réalités qui doivent nous interpeller : des marginalités, des cultures alternatives, des cultures émergentes, des inégalités, des inclusions et des exclusions de personnes, des questions de genre mais également de sexualité.

Ce qui se joue la nuit, c’est en premier lieu d’apprendre à retisser le vivre ensemble.

Un enjeu de politiques publiques ensuite, c’est à dire de politiques urbaines, économiques, culturelles, de jeunesse ou encore de transport. Penser la nuit devient alors un moyen de repenser nos politiques. Cette réflexion doit donc amener à interroger les façons de tirer parti de la nuit comme source de richesse pour le développement culturel, économique et commercial des territoires, mais également comme temps social partagé.

de 16h à 17h30 :

Etat des lieux des initiatives locales  en France et en Europe ?

Échanges avec des professionnels de la nuit français et européens ; des universitaires et des élus de villes françaises et européennes. 

Animateur: Arnaud Laporte 

Intervenants: Luc Gwiazdzinski, Frédéric Hocquard,Yazid Kherfi, Amy Lamé, Jean-Philippe Lefèvre, Jean-Michel Lucas, Mirik Milan, Bernard Reynal, Denis Tallédec, Roger Vicot

de 18h à 19h :

Speed Meeting

Les participants à la conférence auront la possibilité de se rencontrer selon leurs affinités, leurs besoins et leurs envies. Plus d’informations très bientôt.

A partir de 19h : Cocktail et découverte du Paris nocturne

Plus de détails ici.

Vendredi 15 SEPTEMBRE 2017

De 9h30 à 12h : Tables Rondes organisées à la Cité de la Mode et du Design

Table Ronde n°1 : Co-construire une politique de la vie nocturne, entre fantasmes et réalités. 

Les élus et les services en charge des différents aspects de la vie nocturne,  portent désormais leur attention sur la nuit dans ses différentes dimensions et s’orientent vers une démarche globale et transversale. Afin de mettre en œuvre ces politiques multisectorielles, de nombreuses villes européennes s’attachent à développer un mode de gouvernance participatif associant l’ensemble des acteurs concernés.

Sur la base des résultats d’une enquête menée dans une dizaine de villes françaises et européennes, l’atelier aura pour vocation d’échanger sur les enjeux, leviers et obstacles que nous rencontrons dans nos pratiques locales de co-construction des politiques de la vie nocturne.

Quel a été l’impact des politiques partagées sur le quotidien, la filière de la nuit ? Quelles méthodes sont à (re)penser ?

Animatrice: Vanina Hallab

Rapporteur: Thierry Charlois

Intervenants: Olivier Morges, Alexander Bücheli, Marie Chauvin, Laurent Lutse, Benjamin Mauduit, Alexandra Siarri, Rien Van der Steenoven, Bertrand Lukacs.

 

Table Ronde N° 2 : La nuit, vecteur d'attractivité, de solidarité et de diversité ?

La vie nocturne constitue un réel facteur d’attractivité bénéficiant à l’ensemble du territoire.

On assiste même à une réelle compétition entre métropoles européennes en matière de tourisme culturel. Cette compétition se double par ailleurs d’une cohabitation conflictuelle entre plusieurs groupes au sein d’un même territoire : il existe aujourd’hui une réelle incompréhension et méconnaissance qui oppose jeunes, personnes âgées, riverains et professionnels.

Économiquement tout d’abord, un consensus assez large semble se dégager sur le fait que la vie nocturne constitue un réel facteur d’attractivité bénéficiant à l’ensemble du territoire. D’aucun estime néanmoins que cette dimension économique, associée à ce que l’on nomme le « marketing territorial » (le développement de son attractivité), peut-être  particulièrement délétère en termes d’équilibre territorial, de rapport aux populations, et de mise en lumière de l’éco système local.

Néanmoins, d’autres estiment que les deux notions ne sont pas nécessairement antinomiques et que de grands événements culturels ou sportifs, soutenus par une importante couverture médiatique, contribuent à valoriser l’image d’un territoire, et pourrait même convaincre de grandes d’entreprises de venir s’installer.

Ainsi, la nuit sollicite de nombreux domaines : la culture, le sport, la redécouverte …qui peuvent devenir à leur tour des facteurs d’attractivité d’un territoire, voire de temps social partagé.

Cette relation entre culture, sport et attractivité est particulièrement démontrée par l’établissement du lien qui existe entre vie nocturne et tourisme.

En effet, les divertissements festifs sont chez les jeunes populations le critère principal du choix d’une destination, en sus du prix de la vie et du positionnement géographique.

A ce titre, les métropoles françaises subissent une très rude concurrence de la part de leurs voisines européennes, notamment Berlin (de par la musique électronique) et Dublin (de par la culture des pubs). Il conviendrait donc que les grandes villes renforcent leur propre identité, gage de leur spécificité, afin de développer leur attractivité touristique.

En définitive, soutenir la vie nocturne c’est, au-delà du développement culturel et sportif en tant que tel, permettre de renforcer l’attractivité d’un territoire et donc soutenir indirectement d’autres activités, notamment économiques et un rapport inédit entre les citoyens. Dès lors, dans la mesure où la culture est devenue un enjeu de la ville créative, les politiques culturelles et sportives se doivent d’associer plus étroitement les pouvoirs publics et les acteurs économiques, touristiques et artistiques.

Comment faire de la nuit un atout pour nos territoires ? Comment redéfinir l’exploration des territoires la nuit ? Comment valoriser la singularité des territoires et des populations ?

Animateur: Michel Bourdinot

Rapporteur: Stéphanie Gembarski

Intervenants: Mark Burton-Page, Pierre Creuzet, Gloria Corral Joven, Floréal Hernandez, Lakdar Kherfi, Jakez L'Haridon, David Mourgues, Gérard Pont. 

Table Ronde n° 3 : Nuit citoyenne et responsable

D’un point de vue sociologique et urbanistique, on constate une véritable transformation des milieux urbains lors du passage de la vie diurne à la vie nocturne. En effet, la ville devient plus difficile à lire, plus difficile à appréhender, son offre commerciale se transforme et devient plus spécialisée tout en se complexifiant. L’environnement physique lui-même est sujet à évolution : il se mue en un espace plus frais, moins bruyant, plus sombre mais également moins contrasté. La population n’est pas épargnée par ce changement : le trafic diminue, les hommes deviennent surreprésentés par rapport aux femmes, les genres se font plus troubles. Finalement, c’est l’état psychique des usagers qui est lui-même altéré puisque ces derniers deviennent plus fatigués, plus excités et globalement moins adaptés à l’utilisation de la ville en milieu nocturne.

Ces différentes évolutions doivent pousser à repenser notre urbanité lorsque vient la nuit. De nombreuses questions se posent : quels systèmes urbains ? (transports, éclairage public, établissements culturels), doit-on mettre en place des refuges 24 heures sur 24 ?, créer des espaces ou des plates-formes d’échanges ?

En définitive, il faut repenser l’urbanisme nocturne en tant que tel afin de restreindre la sensibilité des espaces publics.

Au-delà d’un aspect purement fonctionnel, c’est également dans sa dimension sociale que la nuit doit être repensée. En effet, l’usage de la ville change avec la nuit : les besoins et les attentes des citoyens ne sont pas les mêmes, et des conflits peuvent émerger entre usagers (noctambules, travailleur, riverains, sans-abris. Etc). La nuit, la disparition des repères, l’accentuation des inquiétudes et des peurs rendent plus fort un sentiment d’insécurité spécifique dont la délinquance réelle n’est qu’un des facteurs, et le développement d’espaces festifs et de modes de consommation excessive d’alcool a des conséquences à la fois en matière de santé et de sécurité. Ainsi, une réflexion doit également permettre de débattre de différents sujets : comment repenser le peuplement des espaces publics afin de permettre un contrôle social de façon naturelle ? Comment induire une mixité des activités dans ces mêmes espaces ? Comment déconcentrer la nuit de manière générale, s’interroger sur l’absence d’horaires et sur le risque d’exténuation de la nuit? Comment assurer l’animation d’activités nocturnes dans des espaces urbains périphériques, tels que certains quartiers prioritaires politique de la ville ?

Finalement, il s’agit sans doute de trouver comment adapter la nuit au jour, et inversement.

En matière de citoyenneté, on peut s’interroger sur le concept de « citoyenneté temporaire ».

Il convient également de s’interroger sur l’impact des événements terroristes et des mesures mises en place par le gouvernement, tel que l'État d’urgence, sur les activités nocturne et la gestion de celles-ci au niveau local.

Animateur: Juan Cristellys

Rapporteur: Elizabeth Johnston

Intervenants: Lilian Babé, Chris Blache, Stéphane Bribard, Delphine Clerc, Laurence Comminette, Xavier Pastor, Nicolas Prisse.

ATELIER N°1 : Imminence de la nouvelle règlementation en matière sonore : s’impliquer pour ne pas subir

La nouvelle règlementation est prête, le texte est validé, sa sortie est imminente... Abaissement des niveaux sonores, prise en compte des basses fréquences, intégration des événements de plein air, création de zone de repos, etc. ; l’enjeu de demain est que ces nouvelles normes puissent s’appliquer de manière constructive et sereine. C’est pourquoi, AGI-SON a mis en place quatre groupes de travail :

  • Régisseurs d’accueil en salle et régisseurs de tournées ;
  • Régisseurs de studios de répétition : transmission de bonnes pratiques et gestion du son sur scène,
  • Salles de diffusion < 300 places »,
  • Festivals de plein air VS clos ». 

Après une présentation de la campagne de mesures sonores « Opér@’Son » et de la future réglementation, cet atelier sera l’occasion d’échanger sur les enjeux et sujets des différents groupes de travail

Animatrice: Marie-Josée Sallaber

Rapporteur: Angélique Duchemin

Intervenants: Franck Boyat, Aurélien Dubois, Jacky Levecq 

ATELIER N°2 : Les dispositifs innovants en matière de prévention des conduites à risques et des populations vulnérables.

A l'initiative et animé par le Collectif Culture Bar-Bars et Kronenbourg SAS.
 
La vie nocturne est une composante essentielle d’une entité urbaine : elle assure des fonctions élémentaires en matière de lien social, de divertissement, d’offre culturelle, d’attractivité touristique ainsi que de vivacité économique.
Pour appréhender au mieux toutes ses dimensions, une politique de la vie nocturne doit également prendre en compte le maintien d’un haut niveau d’exigence en matière de sécurité et de santé publique.
 
Cet équilibre doit émerger du dialogue de tous les acteurs concernés, et de nouvelles formes d’interventions entre action publique et action privée. Parce qu’il s’agit de participer à l’éducation et l'accompagnement de nos contemporains, nous sommes tous responsables et co-educateurs des populations, dans des interventions croisées publiques/privés. Les enjeux de ces nouveaux dispositifs, au-delà de la dimension santé et prévention, sont également de sécuriser le territoire, de développer son image et son attractivité.
 
Binge drinking, nomadisme dans l’espace public,... Face à un phénomène de masse, l’intervention privée à elle seule ne peut suffire, de même que l’action publique ne peut être aujourd’hui l’alpha et l’omega d’une politique de santé publique.
 
A partir d’exemples concrets, l'atelier présentera la mise enœuvre d’actions et de dispositifs innovants et l’impact de ceux-ci en matière d’
accompagnement des publics. Trois thématiques seront plus particulièrement abordées :
- le "Nudge", stimulus environnemental qui accompagne les changements de comportements
- l'offre culturelle (spectacle vivant) et son effet réducteursur la consommation d'alcool.
- les dispositifs de prévention et de réduction des risques en direction des populations vulnérables.
Animateur: Vincent Priou

Rapporteur: Chloé Le Bail 

Intervenants: Louis Giraudeau, Yannick Grabot, Lalla Kowska Régnier, Yohann Larzilliere, Christophe Moreau, Gilles Nicolas, Eric Singler.

Vendredi 15 SEPTEMBRE 2017

De 13h30 à 16h : session plénière et conclusion

Quelle(s) vérité(s) pour la nuit?

L'histoire de la nuit, de ce qu'elle représente dans l'évolution de l'espèce humaine, dans l'avancée de notre civilisation, a souvent été négligée.  Grâce au génie de l'Homme, aux avancées scientifiques et à la diffusion de la connaissance, nous ne sommes plus cantonnés aux heures diurnes pour agir, créer, échanger et vivre tout simplement.

La régulation extrême ne saurait donc constituer la solution. La moralisation systématique non plus, puisqu’elle est seulement source de « panique morale ». Il faut en effet offrir de nouveaux outils et chercher à responsabiliser l’usager, sans le culpabiliser. Ce processus ne saurait donc être réalisé sans coopération et transversalité entre les politiques publiques et les professionnels. Il s’agira à ne pas en douter de l’un des enjeux de l’évolution de la vie nocturne.

Réinterrogeons les pratiques, développons un nouveau paradigme, et construisons ensemble  les ressources pour permettre de mettre en œuvre des politiques publiques efficaces et utiles pour tous les territoires.

Animateur: Arnaud Laporte

Intervenants: Michael Foessel, Jean-Michel Lucas, Denis Talledec, Ariel Wizman.